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Denis Brihat


Un jour de 1979, jeune étudiant en photographie à l'Université de Provence, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai écrit à Denis Brihat pour lui demander de venir le voir. L’école nous avait imposé l’exercice suivant : réalisez un reportage sur un métier. J’avais choisi d’illustrer celui de photographe. Denis Brihat était déjà une légende : le seul peut-être, en France, à pratiquer la photographie "en artiste", c’est à dire avec l’exigence de vivre de la seule vente de ses tirages. Il avait aussi créé une sorte d’école, d’atelier, qui recevait une poignée de jeunes passionnés durant neuf mois.
Son accueil fut généreux. Il m’expliqua son travail, mimant pour mon reportage les diverses étapes de la création d’une photographie, depuis la prise de vue à la chambre, jusqu’au tirage dans son extraordinaire laboratoire. J’eus ainsi droit, en accéléré, à la quintessence d’une pratique et au survol d’une vie.

 

Vingt et un ans plus tôt, Brihat avait quitté Paris et son jeune succès de photographe de reportage (prix Niepce 1957) pour s’installer en Provence et prendre le chemin d’une recherche essentielle :
"Je voulais faire La photographie que je souhaitais faire depuis le choc reçu à la première grande exposition d’Edward Weston à Paris en 1950. C’est-à-dire une photographie non pas destinée à priori à la reproduction, mais une photographie (l’épreuve) valant pour elle-même.
Les sujets : la nature. J’y vis au cœur, et dans une grande solitude. Elle m’apporte, avec la musique, un fondement à ma vie, une structure. C’est peut-être cela que j’essaie de traduire. J’écoute énormément de musique et particulièrement du Bach (mon disque est "L’offrande musicale"). Même si j’ai traité de nombreux sujets, il y a un lien évident, récurrent : c’est une étude systématique des formes, de l’architecture de la nature."

 

En accrochant cette exposition, j’ai eu la fugitive impression de mettre une vie au mur. Qui connaît le travail de la nuit, du laboratoire, prolongement nécessaire à celui de la lumière, sait les émotions qui naissent de ce labeur, lorsque l’évidence, la justesse des formes nous est offerte, leur beauté révélée. Personne, mieux que Brihat, ne peut nous enseigner cette leçon.

 

Didier Brousse

 

 

Rencontre avec l'artist le mardi 8 octobre à 17h

 

 

Exposition du 6 septembre au 19 octobre 2019

mardi - vendredi 12h - 19h / samedi 11 - 19h

 

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